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Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a demandé aux participants d'être " ambitieux et innovants ". Le processus suivra ensuite les autres étapes déjà initiées par le Grenelle de l'environnement : consultation en ligne des Français et organisation de réunions publiques en région. Une table ronde finale est prévue au début de l'été.
Mais, entre une corporation des pêcheurs en crise et des organisations non gouvernementales (ONG) qui appellent à " un véritable changement de cap ", le dialogue ne sera pas facile. L'exercice risque aussi de buter rapidement sur un obstacle de taille : la politique de la pêche se décide au niveau européen, à Bruxelles. La navigatrice Isabelle Autissier qui, avec d'autres personnalités, tel l'écrivain Erik Orsenna, pilotera les débats, pressentait le 10 avril, au lendemain des premières réunions de travail, que " ce Grenelle serait peut-être plus compliqué ".
Le Grenelle de l'environnement était largement passé à côté des enjeux que représentent les milieux marins. Les océans et les zones côtières fournissent plus de 60 % des services rendus à l'homme par l'ensemble des écosystèmes. Plus d'un milliard de personnes dépendent des ressources halieutiques pour leur alimentation en protéines animales. Et les océans assurent un quart du stockage des gaz à effet de serre.
Le Monde a demandé à quatre experts d'éclairer quelques-uns des enjeux majeurs de la négociation.
PHILIPPE CURY, CHERCHEUR À L'INSTITUT DE RECHERCHE POUR LE DÉVELOPPEMENT (IRD) ET MEMBRE DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DE LA FONDATION NICOLAS HULOT
Il faut enrayer l'effondrement des stocks de poissons. Les principales espèces consommées sont dans une situation critique en Méditerranée, et 80 % des stocks de la mer du Nord sont surexploités. Certes, le thon rouge est le symbole de cette surexploitation, mais la lotte, le grenadier, le mérou sont aussi menacés. On exploite partout, à n'importe quelle profondeur.
Il faut stopper cette course folle pour reconstituer les stocks et, pour cela, il faudra restreindre les prises. La pêche actuelle n'est viable ni écologiquement ni économiquement. Les subventions accordées depuis trente ans n'ont fait qu'aggraver les choses. J'espère que le Grenelle va permettre de renouer un dialogue aujourd'hui rompu entre pêcheurs, politiques et scientifiques, et que nous pourrons nous entendre pour tester de nouveaux modèles de pêche.
SÉBASTIEN MONCORPS, DIRECTEUR DU COMITÉ FRANÇAIS DE L'UNION INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE (UICN)
Il est plus que nécessaire d'étendre les espaces protégés. La mer est la grande oubliée des politiques de protection de la nature. Les objectifs internationaux auxquels nous avons souscrit prévoient de placer d'ici à 2012 au moins 10 % des écosystèmes en aires marines protégées. Or, moins de 0,1 % des eaux marines françaises bénéficient d'un statut de protection, alors que la France, avec ses territoires d'outre-mer, a sous sa responsabilité 10 % des écosystèmes lagunaires et 20 % des atolls mondiaux.
La richesse des milieux marins est très liée à la qualité des massifs coralliens, qui sont un maillon essentiel de la chaîne écologique. Toutes les études confirment leur état de dégradation. Le Grenelle devra acter une politique ambitieuse de protection de ces milieux, qui sont de surcroît particulièrement sensibles au réchauffement climatique.
JEAN-CLAUDE BONNAFÉ, DU CONSERVATOIRE DU LITTORAL
L'un des objectifs est de lutter contre la pollution et le mitage du littoral. Les côtes sont sous pression : urbanisation, développement d'activités en tout genre, mitage résidentiel et industriel. On a longtemps géré la mer et les espaces côtiers comme deux mondes séparés. Or les activités terrestres sont à l'origine de 80 % des pollutions en mer. Le Conservatoire du littoral s'est fixé pour objectif de racheter 220 000 hectares de rivages d'ici à 2050, afin de préserver ce " tiers sauvage " qui doit garantir la préservation de nos écosystèmes côtiers dans leur diversité.
Nous avons fait la moitié du chemin. Mais cela devient de plus en plus difficile de continuer. L'aménagement du littoral ne doit plus dépendre de logiques communales, mais être pensé à une échelle géographique plus large.
JULIEN ROCHETTE, DE L'INSTITUT DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET DES RELATIONS INTERNATIONALES (IDDRI)
Le Grenelle doit être l'occasion de nous interroger sur notre politique extérieure et de redéfinir les règles du jeu international. On ne peut pas tenir un discours sur la pêche durable dans nos eaux territoriales et continuer à envoyer nos chalutiers piller les ressources des côtes africaines contre des compensations très insuffisantes pour les pays concernés.
Certes, cette problématique relève de choix européens, mais la France, compte tenu de l'étendue de son espace maritime, serait légitime à proposer une autre politique. La faiblesse des règles encadrant l'exploitation de la haute mer demeure un problème majeur. Les industriels s'y livrent à une véritable bataille pour s'approprier de nouvelles ressources génétiques. La négociation internationale sur ce sujet est bloquée, mais là encore, cela n'interdit pas à la France de se montrer plus active.
Laurence Caramel
30 avril 2009
Les idées de ces créateurs, dont le président de la République prolonge la mission, sont présentées dans une exposition
L'aventure architecturale du Grand Paris ne fait que commencer.
Le président Nicolas Sarkozy devait inaugurer, mercredi 29 avril à Paris, l'exposition de la Cité de l'architecture et du patrimoine qui réunit " les idées " des dix architectes consultés sur le " grand pari de l'agglomération parisienne ". A l'origine de ces travaux, le chef de l'Etat devait indiquer, mercredi 29 avril, la suite qu'il entend leur donner.
Il ne s'agit pas d'un concours d'urbanisme, ni de projets à réaliser, mais d'une réflexion sur ce que devrait être la capitale à l'horizon 2050.
Les architectes ont travaillé sur les mêmes thématiques et donné leur vision de la capitale en tenant compte du protocole de Kyoto sur le climat : transports, préoccupations écologiques, densification des espaces bâtis, nécessité de réhabiliter plutôt que de détruire.
M. Sarkozy souhaite prolonger la réflexion des dix équipes d'architectes, qui auraient accepté, selon l'Elysée, de se regrouper au sein d'un " atelier commun ".
De plus, un texte de loi permettant d'assouplir les règles d'urbanisme devrait être élaboré.
En effet, tous les architectes - parmi lesquels Roland Castro, Yves Lion ou Jean Nouvel - ont demandé à pouvoir s'affranchir de l'interdiction de construire en zone inondable, à proximité des autoroutes ou d'augmenter la hauteur autorisée des immeubles ou des pavillons.
NE PAS RANGER LES CRAYONS
L'objectif est de pouvoir construire davantage. l'Elysée annonce la création de 70 000 logements, soit deux fois plus que l'effort actuel. " Il s'agit de faire en sorte de construire plus vite, tout en construisant bien ", précise-t-on à l'Elysée.
Une mission a été confiée à Thierry Tuot, conseiller d'Etat, qui vise à la modification des règles d'urbanisme. Celui-ci devrait rendre un rapport sur lequel le gouvernement s'appuiera pour élaborer un texte de loi. Le chef de l'Etat entend également donner, par la loi, un plus grand rôle aux architectes dans la conduite des chantiers.
Grisé par les travaux présentés, M. Sarkozy accède ainsi aux requêtes des architectes, qui craignaient de devoir ranger leurs crayons dès le premier rendu de leurs travaux.
Président du conseil scientifique chargé de veiller à la qualité des travaux de la consultation, l'architecte Paul Chemetov a appelé à créer une " école du Grand Paris ".
Cheville ouvrière de la consultation pilotée par le ministère de la culture, l'urbaniste Eric Lengereau a proposé, lui, la création d'un " laboratoire du Paris métropolitain ".
Le futur " atelier " commun des architectes devra permettre, selon l'Elysée, de " relancer la réflexion sur la ville en sortant du strict cas de la métropole parisienne et d'élargir cette pensée à d'autres types de villes dans le monde ".
L'Elysée attend que se constitue un " stock d'idées pour mettre en oeuvre un projet urbain ". Ce projet urbain est " à portée de main ", s'emballe-t-on à l'Elysée.
Aucun des architectes qui ont participé à la consultation ne devrait prendre la tête de l'" atelier ". Mais tous ont le sentiment d'être consacrés dans leur rôle de pionniers du Grand Paris.
Béatrice Jérôme
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L'utilisation à tout bout de champ de l'expression « Développement durable » agace de plus en plus Nicolas Hulot.
Dans un entretien publié hier par le magazine Terra Eco, l'animateur-écologiste « déplore l'abus que l'on fait du terme " développement durable" .
J'ai parfois l'impression qu'il ne s'agit plus que d'une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès » .
Et de donner un exemple concret : « Quand j'entends qu'on veut installer un circuit de Formule 1 " durable" à proximité de Paris, j'ai un peu la nausée. »
Interrogé sur la Semaine du Développement Durable, qui a lieu du 1 er au 7 avril à travers la France, il juge l'initiative « sympathique et nécessaire », mais « insuffisante » .
Commentant l'idée d'une « taxe écologique » , ou « contribution climat-énergie » , qu'il appelle de ses voeux, l'animateur de télévision et fondateur de la Fondation Nicolas Hulot se félicite qu'elle ne soit désormais « plus écartée » .
« La crise économique a pris tout le monde de court et c'est finalement sa seule vertu : elle nous fait douter de tout, explique-t-il. Du coup, en France comme ailleurs, les esprits s'ouvrent à des idées nouvelles » .
Son film, Le Syndrome du Titanic, est en lice pour une projection hors compétition lors du Festival de Cannes, en mai. Ce long métrage aura un rythme « volontairement assez lent : j e veux que l'on mette des visages et des vies sur les crises »
Edition du 31 Mars 2009
Elle ne figure pas à l'agenda officiel des grandes réunions sur le climat, mais se targue du titre de " Conférence internationale sur le changement climatique ".
Sa deuxième édition s'est tenue à New York du 8 au 10 mars, avec comme invité de marque le président tchèque Vaclav Klaus, dont le pays préside actuellement l'Union européenne (UE).
Quant à l'organisateur de ce rassemblement - où s'est pressé un demi-millier de scientifiques, de politiciens et d'économistes -, il s'agit de l'Institut Heartland, un groupe de réflexion qui, selon sa charte, entend " promouvoir des solutions aux problèmes économiques et sociaux par la liberté du marché - et - la dérégulation, partout où l'initiative privée est plus efficace que les bureaucraties gouvernementales ".
Credo des participants : dénoncer les théories sur le changement climatique, dénuées, selon eux, de fondements scientifiques et fer de lance d'une guerre sournoise contre le capitalisme.
M. Klaus a ouvert les débats en dénonçant " l'alarmisme environnementaliste " dont " le véritable projet est (...) de ramener l'humanité des siècles en arrière ".
Une déclaration critiquée, le 12 mars, par Martin Bursik, ministre tchèque de l'environnement, qui regrette " l'amateurisme et les positions bizarres " de M. Klaus sur cette question.
Qui sont les vecteurs de cette menace ? Al Gore, l'ancien vice-président américain et co-Prix Nobel de la paix, mais aussi le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), pour qui l'impact de l'homme sur le climat est quasi certain.
" REFROIDISSEMENT PLANÉTAIRE "
Les intitulés des interventions indiquent la tonalité générale des débats.
" Comment arrêter le protocole de Kyoto ou sa prochaine version ? ",
" Pourquoi le CO2 n'est pas responsable du réchauffement ", etc.
Parmi les tenants du " scepticisme ", aucun climatologue de renom, à l'exception de Richard Lindzen (MIT) et Roy Spencer (Université d'Alabama à Huntsville), connu pour ses prises de position néocréationnistes.
Mais des divergences sont rapidement apparues.
Plusieurs intervenants remettent en question la réalité même du réchauffement.
Ainsi, pour le géologue Don Easterbrook (Université occidentale de l'Etat de Washington), on assiste, depuis 1977, à un " refroidissement planétaire ".
" Le seul lieu où la supposée catastrophe climatique se produit est dans le monde virtuel des modèles informatiques ", expliquait de son côté le politicien Marc Morano.
D'autres ne la nient pas, mais récusent le rôle de l'homme. Comme l'astronome Willie Soon (Université Harvard), qui l'attribue à l'activité solaire...
L'essentiel de la communauté climatologique " ignore totalement ce qui se passe à cette réunion, où on ne fait pas de science, et où aucun résultat nouveau n'est annoncé ", explique le climatologue Gavin Schmidt (Goddard Institute for Space Studies, NASA).
D'autres critiques soulignent que, chose rare pour les conférences scientifiques, les intervenants sont rémunérés. Ce que confirme au Monde Dan Miller, porte-parole de l'Institut Heartland.
En outre, le groupe de réflexion ne divulgue pas la liste de ses donateurs. Exxon Mobil en a longtemps fait partie, avant de renoncer, en 2006, à financer le " climato-scepticisme ".
Sylvain Cypel (à New York), avec Stéphane Foucart
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Dans les grandes lignes, le plan communal de sauvegarde est prêt.
Une première réunion dans les locaux de la capitainerie (Midi Libre du 5 février dernier) avait permis de dresser les contours de ce qu'il convient désormais d'appeler un plan communal de sauvegarde.
Une seconde rencontre entre les sapeurs-pompiers, les gendarmeries nautiques et maritimes, des représentants de la SNSM, de la Ville d'Agde et de la Sodéal, il y a de cela quelques jours, a abouti à un projet quasiment ficelé.
Ne manque plus que l'aval du Préfet, espéré avant l'été, une fois que le dossier complet lui aura été transmis, pour que ce plan de secours soit effectif.
Rappelons que l'événement qui a motivé la création de cet ensemble est le crash de l'avion néo-zélandais au large de Saint-Cyprien, il y a quelques mois.
Un drame qui a interpellé différents acteurs de la vie nautique agathoise, dont Sébastien Frey, président de la Sodéal. « Ce plan communal de sauvegarde peut s'appliquer dans le cas d'un naufrage de ferry par exemple, ou même d'un bateau de promenade, des accidents qui mettent en cause de nombreuses personnes. »
Si les sapeurs-pompiers, représentés par le capitaine Jérôme Bonnafoux, ainsi que les gendarmes, par l'intermédiaire de l'adjudant-chef Jean-Charles Caunègre, sont rompus à ce style d'interventions, l'accent a également été mis sur le rôle de la municipalité en cas d'urgence.
« Avant la crise, informer et sensibiliser les gens aux dangers potentiels. C'est la raison pour laquelle nous souhaiterions organiser un exercice grandeur nature avant l'été, poursuit Sébastien Frey.
Pendant l'événement, cordonner différentes missions telles que l'alerte, l'évacuation, la mise en sécurité, prévoir des hébergements, la restauration, l'accompagnement psychologique des victimes...
Enfin, après la crise, déterminer qui est chargé de remettre les structures en état si nécessaire, et surtout organiser le suivi des dossiers de dommages subis par les victimes.
» Un processus qui, en partie tout au moins, est calqué sur le plan alerte crue, déclenché notamment lors des brusques montées du fleuve Hérault.
Ce plan sera une première du genre sur le littoral méditerranéen français. Il pourrait faire école auprès d'autres ports de plaisance soucieux d'améliorer la sécurité de leur espace maritime. « Si nous sommes copiés, tant mieux ! » , dit Sébastien Frey.
Espérons aussi que ce plan n'aura jamais à être déclenché.
O. R.
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Jusqu'à l'automne, le secteur du recyclage vivait sur un petit nuage : progression à deux chiffres de l'activité et du chiffre d'affaires ; prix des matières premières secondaires (issues du recyclage) orientés durablement à la hausse ; image surfant sur la vague environnementale...
Mais, en septembre 2008, avec la crise, tout s'est arrêté : " La demande a disparu, témoigne Christophe Cros, directeur général délégué de Suez Environnement. L'effondrement des prix n'y a rien changé : il n'y a plus de demande. "
L'effet s'en fait sentir aujourd'hui sur l'ensemble de la planète.
En Chine, des millions de travailleurs, dont l'activité consistait à trier des déchets en provenance des pays riches, ont perdu leur emploi du jour au lendemain. En Europe et en Amérique du Nord, les stocks de papiers, métaux et plastiques recyclables s'amoncellent. " De cinq à six bateaux de ferrailles qui partaient chaque mois pour la Turquie, le premier importateur mondial, on est passé à un ou deux ", assure Claude Platier, porte-parole de la Fédération des entreprises du recyclage (Federec).
Le chiffre d'affaires des entreprises françaises de recyclage a enregistré un recul de 33 % au quatrième trimestre 2008, par rapport à la même période de 2007. Au premier semestre 2009, 2 400 emplois (sur 32 000 dans le secteur) seraient menacés. Et les perspectives de reprise de l'activité restent très incertaines.
C'est tout l'équilibre du secteur qui est remis en cause par la crise, et, à travers lui, la pérennité de la filière de tri, de collecte et de recyclage des déchets.
" Nous avons deux sources de revenus : le prix des matières premières que nous revendons, et la prestation de l'enlèvement que nous facturons au détenteur du déchet, explique Jean-Luc Petithuguenin, patron de la société Paprec.
Si vous vendez la tonne de carton aux alentours de 100 euros, vous pouvez ne rien facturer au détenteur. Mais quand elle est à 20 euros, comme actuellement, ça ne vaut pas le coup d'aller la chercher si vous ne pouvez pas en tirer 30 ou 40 euros supplémentaires de prestation. "
Résultat : plutôt que de payer, les détenteurs de déchets qui le peuvent stockent en attendant des jours meilleurs. Les voitures s'entassent dans la filière, le prix actuel des métaux et des matières plastiques ne justifiant plus économiquement leur démantèlement.
Le cours des ferrailles était monté à 480 euros la tonne en juillet 2008. Il est passé sous la barre des 100 euros fin 2008.
" La filière recyclage découvre que les matières premières peuvent être soumises à de très fortes variations, constate Philippe Chalmin, professeur à l'université Paris-Dauphine. Ce coup de grisou pourrait conduire à une remise à plat et obliger les absolutistes du recyclage à mettre un peu d'eau dans leur vin. Le recyclage n'est pas la seule solution : l'incinération avec récupération d'énergie peut être une alternative intelligente du point de vue économique. "
Dans une étude publiée lundi 23 mars, le cabinet de conseil en stratégie Frost & Sullivan enfonce le clou : la crise du secteur " risque d'entraîner une flambée des prix du recyclage, ce qui en réduirait l'attrait économique ", écrivent les auteurs, soulignant qu'au Royaume-Uni le prix de la tonne de papier collecté a déjà augmenté de 20 livres sterling (21 euros).
A court terme, faute de perspective de remontée rapide des cours, le risque existe aussi de voir les détenteurs de stocks de déchets périssables tenter de s'en débarrasser en les envoyant en décharge ou en incinérateur.
La présidence tchèque de l'Union européenne s'en est alarmée dans une note du 25 février.
Pour soutenir la filière, elle suggère de " maintenir les objectifs existants en matière de recyclage ", d'appeler les citoyens à ne pas se démobiliser et à continuer de trier, et d'étudier la possibilité d'une réduction de la TVA pour certains produits à base de matériaux recyclés.
Malgré la gravité de la situation, les acteurs du secteur semblent rester relativement confiants.
" Pourquoi le recyclage a-t-il autant progressé depuis vingt-cinq ans ?
Parce que c'est une solution économique par rapport aux autres modes de gestion des déchets, estime M. Petithuguenin, de Paprec.
Si on me demande si la filière recyclage risque de s'arrêter, ma réponse est non.
Elle souffre, mais il s'agit d'une phase d'ajustement des prix. "
Chez Suez Environnement, Christophe Cros n'est pas loin de partager cet avis : il considère que le marché est sorti d'une période spéculative qui a vu les cours atteindre des sommets artificiels et que l'on revient aujourd'hui à " des prix qui ne sont pas à des niveaux anormaux ".
Les tensions sur le secteur ne devraient pas avoir de répercussions directes pour les particuliers : la filière de collecte sélective des ordures ménagères est financée par les entreprises qui commercialisent des produits emballés, et les collectivités territoriales disposent de clauses leur garantissant l'enlèvement des déchets recyclables.
" Demander aux gens de trier plus ou moins en fonction de la conjoncture n'aurait pas de sens ", estime Carlos de los Llanos, directeur du département technique et environnement chez Eco-Emballages.
Gilles van Kote
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Le fleuve Hérault est doté d'une Commission locale de l'eau (CLE), créée par l'Etat, en partenariat avec le conseil général de l'Hérault.
Cette structure, présidée par Pierre Guiraud, regroupe des élus du territoire, des usagers et des services techniques de l'Etat.
Son objectif a été d'écrire un schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (SAGE).
Trois enjeux ont été identifiés, celui du partage de l'eau, de sa qualité et de la problématique des inondations.
En mai 2006, l'Agence nationale de Bassin validait à Lyon les préconisations retenues par la concertation des acteurs du bassin versant.
Pour bâtir un plan d'action opérationnel global, l'idée de créer une structure porteuse a été retenue. C'est ainsi qu'est né le Syndicat mixte, regroupant les départements du Gard et de l'Hérault, et les huit communautés de communes ou d'agglomération qui couvrent le territoire de l'Aigoual jusqu'à la mer.
La semaine dernière, s'est réunie au conseil général de l'Hérault, la trentaine d'élus représentatifs des différentes collectivités du territoire concerné. André Vezinhet, président du Conseil Général de l'Hérault proposait alors à l'assemblée de porter à la présidence de ce syndicat mixte, Pierre Guiraud, conseiller général de Pézenas. C'est à l'unanimité qu'il a été élu Président.
Celui-ci a précisé alors les axes de travail de ce nouveau syndicat, qui sont d'animer et de coordonner les actions à engager, d'assister les élus responsables pour le montage et la réalisation de leurs projets.
Mais aussi de lancer les études sur les débits minimums du fleuve à tolérer en fonction de la masse d'eau, sur le transport des graviers par le fleuve (géomorphologie) et sur la problématique des inondations.
Un dernier passage devant l'Agence nationale de Bassin à Lyon, fin 2009, validera ces directives et imposera, dans l'aménagement du territoire du fleuve Hérault, des règles précises d'utilisation de l'eau
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Un changement d'attitude notable du " lobby de l'incinération ", ainsi que le baptisent ses adversaires, qui ne cache pas son objectif : " une meilleure acceptation " par les citoyens de cette technique d'élimination des déchets.
Luc Valaize, par ailleurs directeur général du groupe TIRU, une filiale d'EDF qui exploite notamment les trois grands incinérateurs de la région parisienne, n'y est pas allé par quatre chemins.
" Les associations de défense de l'environnement nous ont aidés à progresser dans la transparence et dans la mise aux normes ", a-t-il déclaré, donnant raison au Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), principale association d'opposition à l'incinération en France, sur l'insuffisance du rendement énergétique des installations.
" Nous devons descendre de notre arrogance technocratique et être davantage à l'écoute,
a-t-il ajouté. L'idée est de renouer le dialogue et d'aller débattre. Nous sommes insuffisamment audibles aujourd'hui. "
PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE
Une démarche dont la sincérité suscite de grandes réserves de la part du Cniid.
" On est dans la communication pure et simple, dans l'affichage, assure Sébastien Lapeyre, le directeur de l'association. Leur souci est de faire accepter l'incinération par tous les moyens. "
Pour l'occasion, le président du SVDU s'était fait accompagner par Jean-François Narbonne, professeur en toxicologie, qui estime que l'incinération, dont il fut un dénonciateur virulent, ne constitue plus aujourd'hui un problème de santé publique.
M. Valaize a émis un certain nombre de propositions : améliorer le rendement énergétique des incinérateurs et multiplier le nombre de réseaux de chaleur qu'ils alimentent (la combustion des déchets peut être valorisée sous forme de chauffage ou d'électricité) ; généraliser l'accès aux informations sur les émissions de substances par Internet et multiplier les journées portes ouvertes.
Le SVDU se dit prêt à accepter le principe d'une mesure en continu des dioxines émises par les incinérateurs, réclamée depuis longtemps par les associations écologistes.
Luc Valaize s'est également prononcé en faveur d'une traçabilité des mâchefers, ces résidus d'incinération dont certains peuvent être utilisés dans les travaux publics.
En contrepartie, le syndicat professionnel voudrait obtenir une hausse du tarif de rachat de l'électricité produite par ses membres et une exonération de la taxe générale sur les activités polluantes pour les incinérateurs " les plus vertueux ".
Son président a insisté sur " les vertus environnementales " de l'incinération, qui permet, selon lui, par la valorisation énergétique, d'éviter cinq millions de tonnes d'émissions de gaz carbonique.
Pour M. Valaize, l'incinération est d'ailleurs partiellement reconnue comme source d'énergie renouvelable.
Une approche qui hérisse le Cniid. " Si on fait le total des polluants émis pour chauffer une famille parisienne, on va voir qu'on est très loin d'une énergie verte ", assure Sébastien Lapeyre.
Gilles Van Kote